Sibos 2009 - Convergence des infrastructures de paiement

20 septembre 2009


Points de vue mondiaux sur un problème mondial

Jerry Norton, Managing Director, Financial Services, Logica

« Aujourd’hui, la plupart des pays possèdent au moins quatre types différents d’infrastructures de paiement, englobant le règlement brut en temps réel (RBTR), les chambres de compensation automatisées, les cartes et les chèques. Mais, alors que ces infrastructures sont déjà opérationnelles, il y a trois nouveaux facteurs à prendre en compte. Premièrement, il est peu probable qu’elles répondent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, aux besoins actuels des clients de la banque de détail dans un monde dominé par Internet. Deuxièmement, les régulateurs portent leur attention sur le coût de la liquidité et les exigences des infrastructures multiples. Et enfin, en raison de leur développement historique et de leur manque de flexibilité, il est généralement difficile et coûteux pour les banques commerciales d’entretenir des relations individuelles avec ces infrastructures.

La plupart des pays ont conscience que ce réseau d’infrastructures n’est plus viable et reconnaissent le besoin croissant de les faire converger. Bien que certains pays s’efforcent de surmonter ces défis en introduisant de nouveaux services de paiement en temps réel, cette approche implique que plusieurs infrastructures travaillent ensemble, entrainant ainsi d’autres problèmes. Elle ne définit pas un modèle réutilisable et ne facilite pas non plus l’introduction rapide et sécurisée de nouveaux systèmes. En outre, elle est moins efficace en termes d’utilisation de la liquidité, de frais de gestion et de coût total de propriété. Par conséquent, le secteur devrait tendre vers une convergence afin de mettre en place un système de compensation et de règlement 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

La convergence des infrastructures de paiement ne peut pas se faire du jour au lendemain. Elle nécessite une planification minutieuse et des efforts considérables du secteur. Cependant, cette stratégie portera ses fruits pour les banques. Non seulement les difficultés opérationnelles et les coûts d’exploitation seront considérablement réduits, mais il sera également plus facile d’ajouter des infrastructures communes, des services à valeur ajoutée et de nouveaux types de compensation. En outre, grâce à la convergence, le règlement sera plus prévisible, ce qui permettra aux trésoriers d’utiliser la liquidité plus efficacement. »

Comment votre pays fait-il face aux défis posés par ses infrastructures de paiement ?

France

« Les petites banques centrales cherchent souvent à unifier les systèmes de compensation (paiements de masse) et de règlement (paiements de gros montants) pour des raisons de coût. Par exemple, la Turquie et l’Arabie Saoudite ont toutes deux opté pour ce modèle. Les pays développés restent sur une cible avec deux infrastructures séparées.
De nombreuses banques centrales des pays développés recherchent désormais la centralisation multi-pays, généralement en relation avec la création d’une monnaie unique. Nous assistons donc à une évolution vers des systèmes de paiement de masse « continentaux » permettant de passer à la vitesse supérieure. »
Nicolas Ullmo

Royaume-Uni

« Au Royaume-Uni, le Faster Payments Service (FPS) a été lancé en mai 2008 pour permettre la compensation et le règlement le jour même afin d’accélérer le traitement et le règlement des paiements de faible valeur. C’était la première fois qu’un nouveau service de paiement était introduit au Royaume-Uni depuis 20 ans. Cependant, bien que cela procure au Royaume-Uni une longueur d’avance en matière d’infrastructures de paiement, et bien que cela réponde aux nouveaux besoins commerciaux, cela ne va pas dans le sens d’une convergence étant donné que le FPS coexiste avec d’autres systèmes de paiement. »
Jerry Norton

Finlande

« Bien qu’il n’y ait actuellement pas de projets définitifs pour consolider les infrastructures de paiement en Finlande, il existe de nombreux facteurs qui modifieront l’environnement des paiements dans notre pays. »
Tarja Rautio

République tchèque

« Nos infrastructures de paiement sont déjà fortement consolidées – nous n’avons pas d’opérations séparées pour les chambres de compensation automatisées ou pour la compensation à valeur élevée par opposition à la compensation à valeur faible. Cela changera quand nous adopterons complètement l’Euro, mais aucune date n’a encore été fixée pour ce processus. »
Tomas Honzak

Pays-Bas

« Nos infrastructures actuelles de compensation et de règlement ont un bon rapport coût-efficacité bien qu’elles soient disparates. Des changements sont à l’ordre du jour et feront disparaître progressivement les anciennes infrastructures, même si aucun délai n’a encore été fixé. »
Edgar Polak

Inde

« Les infrastructures de paiement en Inde sont en grande partie définies par la Banque de réserve de l’Inde (Reserve Bank of India – RBI), qui joue le rôle d’« investisseur de capital-risque » pour investir dans tous les systèmes de paiement du pays, les mettre en place, les exploiter et en assurer la maintenance. Le règlement brut en temps réel en Inde, développé par Logica, relie plus de 110 banques membres et plus de 50 000 succursales dans l’ensemble du pays.
La formation de la National Payment Corporation of India (NPCI), une organisation centrale regroupant de grandes banques commerciales, constitue une évolution importante. La NPCI a présenté sa vision et ses projets pour la consolidation et l’amélioration de tous les systèmes de paiement de détail. Ceux-ci incluent diverses initiatives telles que la mise en place d’une infrastructure nationale de transfert électronique de fonds, d’une chambre de compensation automatisée centralisée et d’un système de paiement 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, ainsi que l’établissement d’un système d’échange national. »
Nath Parameshwaran

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